Le capitalisme tangue. Les dominants s’affolent. La répression s’étend.
Les lois d’exception reviennent. Le fichage de la population se veut
exhaustif. Le Régime craque, qu’il crève !
La destruction d’un régime inique qui accapare les richesses et distribue la misère est une nécessité pour toute volonté créatrice. Réfractions, qui veut à sa mesure participer à l’édification d’une société autre de libres et d’égaux, propose avec ces pages de réfléchir sur notre réalité. Ou plutôt de penser au sein de ce couple contrarié que forment nos désirs et notre réalité.
Trois moments s’articulent : la crise du capitalisme, la montée des illégalismes, la nécessité du changement radical de la société. Nous partons de la description des mécanismes financiers déclencheurs de la dernière crise du capital et qui agissent en conséquence sur la dégradation de l’économie réelle frappant de plein fouet les couches les plus vulnérables de la population.
Le capitalisme est obligé de se réformer. Pour éviter d’importants mouvements sociaux, ou bien même « l’explosion sociale » tellement redoutée par les gouvernements et par les syndicats réformistes, la seule solution qui lui reste serait de remettre à plat le partage de la plus-value, ce que les possédants refuseront toujours. Et comme dans le concert actuel des économistes et des politiciens, autant de gauche que de droite, occupants du pouvoir ou aspirant à l’occuper, personne ne veut mettre en question les dogmes du libre-échange et de la loi du marché, personne ne serait alors tenté d’imaginer une autre façon d’organiser la production, et la distribution du produit du travail.
La réponse à la crise va donc être recherchée, en désespoir de cause, du côté de l’État, comme appui financier par les uns, comme régulateur par les autres. Ce qu’on trouve assurément est la réponse « sécuritaire » : l’appel à l’ordre et à l’autorité, la soumission à la loi. Les lois répressives se renforcent.
La criminalisation des comportements sociaux non conformes aux normes conduit à la construction policière d’une nouvelle catégorie d’ennemis de l’ordre public et à l’application quasi illimitée des lois d’exception. Toutes les portes vers une sortie émancipatrice et anti-autoritaire se ferment. Dans la période ascendante du néolibéralisme dans les pays dits développés, l’idée même de révolution avait été mise en sourdine, et avec elle les illégalismes contestataires. Voici qu’aujourd’hui ils relèvent la tête, attentifs au son du tocsin de la révolte. Lire la suite